Le bizarre journal

Quelques commentaires sur l'actus, plus ou moins bouillante, mais toujours intéressante. 3 "rédacteurs" pour l'instant: Ludo, B.R. et M. Connard

28 octobre 2008

Zimbabwé, un petit point s'impose

Plus de 6 mois que dure cette crise s'accorde à dire, les journalistes, mais je pose une question: le Zimbabwé n'a t-il jamais connu autre chose?

Depuis que le pays est véritablement independant (1980) il est dirigé par un homme: le chef de guérilla Robert Mugabe. Il a d'abord été contesté mais au prix d'une guerre civile il devint président en 1987; à partir de là il durcit l'autorité de son régime (épuration des administrations -en clair ça veut dire virer tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui- contrôle des médias et surtout agrandissement de son image de "sauveur de la nation" contre le colonisateur anglais.)

En 2002,le dictateur (vous conviendrez qu'on peut l'appeler ainsi) remporte grace aux fraudes massives l'élection présidentielle; un an plus tard il instaure une loi contre les fermiers blancs, il pensait alors retrouver les faveurs de la population qui les lui avait toutes retirées avec la dégradation des conditions de vies. Toutefois, cet objectif n'est pas atteint mais l'honneur est sauf, les terres confisquées aux fermiers blancs reviennent toutes entre les mains des amis de l'omni-dirigeant.

En 2005, le parti du chef de l'état remporte les élections législatives. On ne change pas une stratégie gagnante, là aussi fraudes et violences ont largement contribué à la victoire.. Et est arrivé ce qu'il arriva, la légitimité de Mugabe devint de moins en moins évidente et lorsqu'un peuple est en désaccord complet avec celui qui le dirige, ça clash forcement quelque part. On peut penser à la révolte armé bien sur mais les habitants n'en ont pas les moyens, ici la conséquence c'est le terrible dérèglement économique; vous vous en doutez, celui-ci atteint encore et toujours la population "moyenne" et en aucun cas les classes dirigeantes qui gardent tranquillement leurs places (et le salaire qui va avec).

La crise à pris un nouvel essor depuis quelques mois, et c'est pour cela que j'écris cet article; en mars, Mugabe malgré le renouvellement de sa stratégie de campagne disons un brin autoritaire, ne gagne pas les élections présidentielles au premier tour, il est même devancé de 6% par son concurrent Morgan Tsvangirai. Heureusement pour l'ancien militaire, la recrudescence des violences de son parti, en particulier le passage à tabac des électeurs potentiel de Tsvangirai, oblige ce dernier à retirer sa candidature laissant la voie libre à l'inébranlable Mugabe qui va entamer,à 84 ans sa 28ème année au pouvoir.

Comme je l'ai dit auparavant cet affrontement politique s'est déroulé devant un fond de crise économique extraordinaire, jamais un pays n'avait connu aussi grande inflation, 132 millions de % (on râle en France parcque la baguette augmente de 5cts), le taux de chômage atteint 85%, le salaire moyen mensuel qui est d'un demi dollar américain ne permet pas de s'acheter un morceau de pain. La population fuit, tente d'attirer l'attention sur elle mais les amis américains n'ont aucune volonté d'intervention là-bas, inutile de préciser qu'il n'y a ni pétrole ni diamant à exploiter.

Aujourd'hui Mugabe à accepter de discuter avec Tsvangirai pour un gouvernement de consensus national mais à l'heure actuelle, tous les dialogues ont été vains. On suivra ça...


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